CAP Pâtissier, le récit !

 

 

Maintenant que les stress est retombé,
que les résultats sont arrivés,
il est temps de vous conter
mon aventure du CAP
(en candidat libre, mais ça rime pas).

 

Un beau jour du mois d’Avril 2013, après moult pérégrinations sur mon avenir, me vint l’idée de m’embarquer pour la belle mais rude épreuve du CAP. J’en parle à mon entourage et tout le monde me soutient à fond, alors…c’est partiiii!
Les premières semaines on se renseigne, on voit à quoi correspond l’épreuve. C’est du maouss costaud mais, en un an on se dit qu’on a bien le temps de se former et qu’on se rira de la facilité de l’épreuve le jour J.
Me voilà à acheter les livres et le matériel en mode touriste. D’ailleurs en écrivant ces lignes je me rends compte qu’à l’époque je n’avais aucune idée du mode de fabrication des pâtisseries demandées ni de l’usage du matériel requit. (Vous me répondrez qu’en même temps, c’est à ça que sert le CAP…….. et vous avez bien raison !).
Donc on se lance, on fait les premiers gâteaux, c’est mignon, pas très réussi, mais « c’est normal, j’apprends! » qu’on dit aux autres…  (A deux mois de l’examen je n’avais plus trop le droit de sortir cette excuse). Puis on commence à prendre les tours de mains, à faire des trucs franchement beaux, à utiliser couramment « foncer une tarte, tourrer, fraser, concher ». Bref, on commence à se la péter, ouais !
Et puis vient le jour de l’examen.. oui, le voilà qui approche ! Arrivent en même temps insomnies, pertes d’appétit et crises de nerfs. On réalise qu’un an c’est passé super vite et qu’on est pas au point… qu’on a encore des lacunes… Mais ça, c’est le charme de l’examen, et puis même les premiers de la classe doutent… (Paul Bocuse aussi a stressé grave quand il a passé son CAP cuisinier si ça se trouve.)
Le jour de l’examen on se retrouve mélangé aux élèves sortant d’une année de formation et de stages, donc tout de suite on fait plus nos malins!
Pendant l’épreuve, il y a 5-6 examinateurs, voire plus, qui passent entre les candidats. Il faut savoir qu’ils ont une grille de notations très stricte et très fournie (il y a quatre types de productions et il doit y avoir une dizaine-quinzaine de critères pour chaque, sans compter les questions orales). Bref, si sur quatre productions il y en a une un peu moche (comme moi et mes éclairs), il y a toujours moyen de gagner des points autre part.
Exemple : certes, j’ai appliqué le fondant sur mes éclairs de manière horrible, OUI MAIS, le fondant était très brillant.
Exemple 2 : Mes brioches étaient plus que cuites, OUI MAIS, elles étaient bien régulières.
Voilà, si je peux en rassurer certains…
Donc cette épreuve s’est déroulée sur sept heures pendant lesquelles on a du sortir une charlotte aux pèches, une tarte aux pommes, dix éclairs et dix religieuses café, 10 brioches rondes au sucre et 10 brioches navette.
A cela s’ajoutent les questions à l’oral comme par exemple: Comment doit-on se laver les mains? Décrivez les familles d’aliments pour les ingrédients de votre tarte. Quel microbe est transmis par les oeufs? Décrivez les différents stades de cuisson du sucre. etc.
Mes amis, ce fut une journée STRESSANTE ! Même plus assez d’énergie pour aller fêter ça le soir…
Une semaine après j’ai passé les deux écrits, mais ça c’est pas très important, c’est trop easy quoi comparé à l’épreuve pratique.
Donc, on passe l’examen et on attend un mois les résultats.
La première semaine suivant l’examen on doute, on fait des calculs approximatifs de ses points, « oui normalement je l’ai à l’aiiiise ».
Les semaines suivantes on oublie un peu… On essaie de trouver quoi faire de ses journées (de se réinventer une vie) maintenant qu’on a plus rien à réviser.
Mais la semaine qui précède les résultats, c’est le moment où on remet tooouuuute sa vie en perspective !  » Noooon mais j’ai compté trop large, avec mes éclairs tout moche c’est clair que je l’aurai jamais! ».
J-5 avant les résultats on commence à vérifier le site de l’académie tous les jours, et le jour J à partir de 5 heures du mat même s’il est précisé sur la convocation que les résultats ne seront mis en ligne que l’après midi.
Et vient… midi… et là… OUIIIIIIIIIIII JE SUIS ADMIIIIIIIIIIIISEEEEEEEEE et c’est comme si on avait un jour de congé tellement au boulot on ne fait rien à part être au téléphone pour annoncer la nouvelle à tout le monde.
Bon, petit aparté sur le moral : C’est une année plus qu’éprouvante, où notre humeur varie au rythme de ce qu’on sort du four. Alors qu’un gâteau bien réussi nous fera sourire, une fournée irrégulière nous mettra les larmes aux yeux (mais oui!).
J’ai malheureusement eu énormément de crises de nerfs et vers mars j’avais même clairement annoncé à mon entourage que je repoussais le CAP à l’année prochaine, car je…dépérissais.
Mais un bon soutient, et surtout l’adage du  » je n’ai rien à perdre » m’ont permis de m’y remettre. Puis j’avais quand même bossé comme une folle, c’était pas le moment de laisser tomber!
Maintenant parlons cash, parlons flouz, parlons argent…
Alors financièrement, entre le matériel de professionnel et les ingrédients, ça coûte deux bras et deux jambes, il faut donc être préparé (et prévenir gentiment votre banquier que si vous dépensez 700 euros d’un coup, c’est normal, c’est que vous vous achetez un KitchenAid). Mais le matériel et les différents livres restent bien sur un excellent investissement. On douille également un max avec les ingrédients (surtout le beurre, on se rend compte que c’est vraiment cher!). Et on doit bien sur acheter tous pleins d’ingrédients introuvables en grandes surfaces: sirop de glucoses, chocolat de couverture, nappage mirroir, pate à glacer, etc. D’ailleurs pour les Lyonnais, la bonne adresse pour trouver tout ça c’est G.Detou rue du Plat, caverne d’Ali Baba !
Au final, je suis très heureuse d’avoir obtenu ce CAP, d’autant plus que je n’ai fait aucun stage chez un professionnel. (Et, oh combien de fois ais-je entendu des gens de la profession me dire que j’étais folle de me lancer la dedans sans avoir fait aucun stage). Il faut de la gniac! J’ai également eu la chance de rencontrer un pâtissier passionné (merci Rémi!) qui a eu la patience de répondre à toutes mes questions, car à l’époque j’étais vraiment nulle :
« T’as déjà fait des croissants? »
« Euh bof »
« T’as déjà fait des religieuses? »
« Euh non »
T’as déjà fait des roses en pâte d’amandes? »
« Euh non plus »
(regard attéré)
Et bien sur, merci merci merci à la famille et à mes amis et aux amis des amis de mes amis de m’avoir passé des commandes, car sans vous j’aurais pris au moins 20 000 kilos pour goûter tout ce que je faisais (et mon banquier m’aurait confisqué ma CB).
Et merci également à Sandrine qui a passé elle aussi son CAP en candidat libre l’année dernière, et grâce à qui j’ai pu visiter les locaux du CFA où je passais l’examen, sans quoi j’aurai stressé puissance dix.
Bon, c’est pas tout, mais si je passais le CAP écrivain maintenant?

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